La Santé au travail a elle aussi son « Gangnam Style »

Difficile aujourd’hui d’échapper à la « Gangnam Mania ». Les médias se sont fait l’écho, il y a quelques jours, du record atteint par Gangnam Style, l’œuvre déjantée du chanteur coréen Psy, le très curieusement nommé : plus d’un milliard de vues sur YouTube en quelques mois seulement !

Alors, pour ne pas mourir idiot, je me suis décidé à franchir le pas et me suis fendu du 1 027 346 203 ème visionnage.

J’ai ainsi découvert un petit homme rondouillard au costume étriqué montant un cheval imaginaire avec force gesticulations, censé représenter un cavalier en selle maniant vigoureusement un lasso, chorégraphie un brun vulgaire et ridicule, accompagné de « Claudettes » extrême orientales en short à paillettes, véritable phénomène de société et preuve que la culture actuelle nous vient du « Pays du matin calme », comme l’ont écrit certains journalistes…

C’est oublier que, lorsqu’il a été créé, le titre se voulait une caricature, « une gaudriole moquant gentiment les codes sociaux de la classe bourgeoise de Gangnam », quartier huppé de la Capitale coréenne (d’où le titre), dont Psy, de son vrai nom Park Jae Sang, est issu (selon l’article publié dans le Point n° 2097 du 22 novembre).

Peut-être ne vous en êtes-vous pas rendu compte mais la Santé au travail n’échappe pas à la contagion. Elle aussi a son « Gangnam Style ».

A l’envers…

Depuis des mois en effet, des gens qui se prennent très au sérieux chevauchent une monture virtuelle, la réforme, en s’agitant beaucoup, par la parole et par l’écrit surtout, il est vrai, et nous invitent à faire de même, pour nous faire croire qu’il s’agit d’un pur-sang alors que tout le monde sait que c’est un mulet…

Au moins, avec Psy, on ne peut pas se tromper puisque, de son propre aveu, « il a fait de son mieux pour être le plus ridicule possible », et, reconnaissons-le, il a parfaitement réussi son coup.

Il n’en va pas de même avec nos « Psys » à nous, qui, sans avoir cherché le ridicule, bien au contraire, ont su le trouver à force de contorsions, rodomontades et reniements.

Mais, fort heureusement, le ridicule ne tue pas.

Du moins, pas encore !

Gabriel Paillereau

Copyright epHYGIE décembre 2012

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