Plaidoyer pour que le « microcosme » de la Santé au travail soit vraiment un “cosme… éthique”

Cet article ayant été publié le 1er juillet, c’est-à-dire le jour même de l’entrée en application de la loi du 20 juillet 2011 réformant la Santé au travail, qui est également la date symbolique du début des vacances, il est possible sinon probable qu’il ait échappé à l’attention d’un certain nombre de visiteurs de notre site.

Comme les questions qu’il aborde sont plus que jamais d’actualité, alors que viennent de commencer les discussions entre partenaires sociaux sur la Qualité de Vie au Travail et que celle-ci sera prochainement au centre d’une semaine entière de manifestations organisées par l’ANACT, il m’est apparu utile de le remettre au premier plan : les échanges que nous avons eus dans le cadre du Colloque “Manager la Santé au travail par temps de crise” ont montré toute l’importance de l’éthique en Santé au travail.

Alors oui, il est essentiel que le microcosme de la Santé au travail soit un “cosme… éthique”.

Gabriel Paillereau

5 octobre 2012

La période est riche en événements qui méritent d’être mis en évidence : c’est en effet à partir d’aujourd’hui que s’applique la loi du 20 juillet 2011 ; cet article est aussi le 300ème que nous mettons en ligne sur notre site.

Mais il y a plus symbolique encore avec le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, Philosophe emblématique du Siècle des Lumières, né le 28 juin 1712, le 112ème anniversaire de la naissance d’Antoine de Saint-Exupéry, auteur inoubliable du Petit Prince et de Terre des Hommes, né le 29 juin 1900, et… le quarantième anniversaire de la mort de Boby Lapointe, décédé d’un cancer le 29 juin 1972, qui, plus que tout autre, sut faire chanter les mots de la langue française.

Autant de bonnes raisons d’écrire un papier qui leur rende hommage comme il rend hommage à tous les Hommes épris d’humanisme, d’éthique et de liberté, auxquels il est dédié.

GP

Mêlée au Tic-tac de la pendule, la radio répétait la tacatacatique du gendarme, naturellement prolongée par “Ta Katie t’a quitté”, du regretté Bobby Lapointe :

« Tic-tac tic-tac
Ta Katie t’a quitté
Tic-tac tic-tac
Ta Katie t’a quitté
Tic-tac tic-tac
T’es cocu qu’attends-tu ?
Cuite-toi t’es cocu
T’as qu’à, t’as qu’à t’cuiter
Et quitter ton quartier… »

Comme un cliquetis d’armes au beau milieu d’un cauchemar étiqueté COCT…

D’un côté, les assaillants, adeptes de la trique, pour qui fric, toc et troc tenaient lieu de valeurs, de l’autre, les résistants, ayant pour seules armes leur attachement à l’éthique et l’équité…

Partie de trictrac déséquilibrée entre des tranche-têtes, licteurs autoproclamés, prétendant dicter leur loi après avoir dicté la Loi, maîtres es tactiques, tricheries et trucages en tous genres, et des opposants présentés comme des « tocards », qui tentaient avec cran de leur répondre du tac au tac…

Combat que ces derniers allaient sûrement perdre quand, tout à trac, leur vint à l’esprit la seule réaction, complètement toquée, qui pût en pareille circonstance, leur permettre de réaliser un « truc » et de s’opposer au fric-frac annoncé, le seul ticket capable de libérer la voie, de leur ôter tout trac et de leur éviter d’avoir à baisser leur f..c :

« Et si, tous ensemble, nous agissions pour que le microcosme de la Santé au travail soit vraiment un « cosme… éthique » !

Copyright epHYGIE 1er juillet 2012

Texte Gabriel Paillereau – Dessin François Jabot

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Ce « rêve » est à rapprocher d’un texte que m’a adressé Davor Komplita, intervenant dans notre prochain Colloque, Manager la Santé au travail par temps de crise, dont on trouvera un extrait ci-dessous. Même si son inspiration est de nature très différente, on y retrouve la notion de combat (Comment survivre dans le chacun pour soi qui, en fait, se révèle un « seul contre tous ») et la nécessité de (re)mettre au premier plan des valeurs humanistes et démocratiques, morales et éthiques, aujourd’hui largement laissées pour compte :

La protection voire le rétablissement de la santé mentale des travailleurs est aujourd’hui une priorité de santé publique. Elle pose d’emblée la question de la résistance et de l’auto-défense de l’individu, aujourd’hui isolé au sein d’organisations dont tous les collectifs ont été dissous. Comment survivre dans le chacun pour soi qui, en fait, se révèle un «seul contre tous » ?

Le retour à une connaissance et conscience de soi est un préalable incontournable : « connais-toi toi-même » ! Il est également indispensable de connaître voire comprendre ses « adversaires », afin d’avoir une chance de les vaincre dans un combat d’emblée inégal. La démystification et remise en question des dogmes et des pratiques managériaux, à la lumière des valeurs humanistes et démocratiques, sont également incontournables. Réduit à sa souffrance solitaire, l’individu au travail d’aujourd’hui doit pouvoir se reconnecter à lui-même et aux autres, au travers de valeurs morales et éthiques, mais également au travers des nouveaux moyens de communication numériques. Survivre à la souffrance au travail demande un véritable courage, car la peur de la perte d’emploi, qui est aujourd’hui omniprésente, rabat la plupart des employés sur une lâcheté égoïste, malheureusement bien compréhensible.

Davor Komplita juillet 2012