Santé au travail : disparitions de Françoise Demogeot et de Claude Tréla

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès du Docteur Françoise Demogeot, avec laquelle j‘ai entretenu pendant longtemps des relations professionnelles directes, parfois tendues en raison de nos responsabilités respectives, mais toujours empreintes d’un profond respect.

J’ai apprécié sa rigueur, considérée par beaucoup comme de l’intransigeance, lorsqu’elle exprimait un point de vue jugé corporatiste par certains alors qu’il marquait simplement sa priorité absolue : défendre la Santé de l’Homme au travail.

En pensant au Docteur Demogeot, je me remémore un épisode singulier. Responsable de l’organisation de l’exposition, au sein du Comité d’Organisation du 24ème Congrès de la Commission Internationale de Santé au travail, tenu à Nice en octobre 1993, j’avais été sollicité par le Docteur Demogeot, extrêmement déçue de ne pouvoir disposer de stand pour le SNPMT en raison de la charge jugée exorbitante que représentait le coût de la location.

J’avais alors fait le tour des quelque 200 stands installés dans le cadre de Nice Acropolis pour essayer de trouver un emplacement suffisamment grand, bien placé… et dont je pouvais offrir l’utilisation au SNPMT à titre gracieux, pour assurer sa présence dans une manifestation qui, à ce jour, demeure la plus importante jamais organisée en Santé au travail avec 4 500 participants de 110 pays différents.

Le local adéquat fut trouvé, à notre satisfaction commune, et mis à la disposition du SNPMT avec l’accord du Docteur Marianne Saux, Présidente du Comité d’Organisation, et du Professeur Jean-François Caillard, Président du Comité scientifique, ce qui permit de garantir à la manifestation le caractère pluraliste auquel tenaient les Organisateurs, tous bénévoles appartenant à l’Association CO 24 et occupant des responsabilités importantes en Santé au travail.

En cette fin d’année, le petit monde de la Santé au travail a également à déplorer le décès de Claude Tréla, que je connaissais bien depuis une vingtaine d’années. Comme l’a souligné la Société de Médecine du travail Midi-Pyrénées dans son communiqué, Claude était un Médecin du travail très impliqué dans les Entreprises qu’il avait en charge et dans les réflexions sur l’évolution du métier de Médecin du travail.

Membre pendant de longues années de la Commission permanente de la Société méditerranéenne de Médecine du Travail, il avait participé à de nombreux échanges avec le Maghreb, la Grèce, l’Espagne, l’Italie, et contribué à l’organisation de plusieurs Congrès de Médecine du Travail.

Je ne suis pas certain que la Santé au travail à laquelle Françoise Demogeot et Claude Tréla aspiraient, à laquelle nous aspirions tous, soit véritablement en place aujourd’hui, c’est-à-dire 20 ans après le Congrès de Nice ! Raison de plus pour ne pas baisser les bras, et, en forme d’hommage à Françoise, à Claude et à tous ceux, parmi lesquels Noël Pardon, Jacques Faure, Jean Bertran, Philippe Givelet… ,  aujourd’hui disparus, qui partageaient la même ambition, continuer à œuvrer en faveur de l’avènement d’un système vraiment respectueux de la Santé de l’Homme au travail.

Gabriel Paillereau
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