Réforme de la Médecine du travail : le Conseil National de l’Ordre des Médecins monte au créneau

Sale temps décidément pour le Rapport Issindou, critiqué de toutes parts depuis sa publication et l’usage qui en a été fait sans délai par Michel Issindou lui-même, glissant en douce(ur) cinq amendements dans le Projet de loi relatif au Dialogue social et à l’Emploi, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 2 juin 2015. Les Discussions en séance publique au Sénat, entamées le lundi 22 juin, se poursuivront jusqu’au mardi 30 juin 2015, avant retour du texte à l’Assemblée nationale, certainement amendé sur un certain nombre de points, pour une deuxième lecture. Rappelons que, s’agissant d’une procédure accélérée, le temps est compté pour intervenir et essayer d’obtenir la suppression de ce qu’il comporte d’insupportable, directement ou non, pour notre système de Santé au travail.

C’est probablement ce caractère d’urgence qui explique la rapidité avec laquelle le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), très mécontent de ne pas avoir été écouté, a publié un Communiqué de Presse dans lequel il “s’inquiète des conclusions d’un Rapport sur la Médecine du travail qui va contre l’intérêt des salariés”.

Je me garderai de commenter ce Communiqué dont le contenu est suffisamment précis et documenté pour être compris de tous.

Le sera-t-il des Pouvoirs publics quand “l’Ordre des Médecins juge que les propositions de ce Rapport ne règlent en rien les besoins de réforme de la Médecine du travail et plus encore, vont à l’encontre de l’intérêt des salariés” et qu’il “appelle le Gouvernement à écouter les propositions des médecins de terrain et de leurs représentants” ?

Rien n’est moins sûr si l’on a conscience de la volonté affichée d’aller très, très vite, au mépris justement, non seulement des Médecins du travail de terrain mais encore de tous les Professionnels attachés à une Médecine du travail de qualité, composante incontournable d’une Santé au travail efficace au service de tous les Salariés et de toutes les Entreprises.

C’est précisément cette efficacité que ne permettrait pas (ou plus) la réforme du système telle qu’elle semble être amorcée sur la base du Rapport Issindou, encore plus mal ficelée que la précédente car ne tirant aucun enseignement des errements passés.

On va quand même espérer, l’intervention du CNOM apparaissant comme une petite lueur dans un dossier auquel la lumière fait singulièrement défaut !

Gabriel Paillereau
Copyright epHYGIE 24 juin 2015
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Nous reviendrons ultérieurement sur les multiples réactions suscitées par le la prise de position du CNOM.

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