“Vrai travail”, Santé au travail et démocratie (source : Bastamag)

A quelques jours du deuxième tour des élections présidentielles, et alors que se développent de faux (et mauvais) débats sur le “vrai” ou le “faux” travail, certains articles méritent vraiment le détour.

C’est le cas de l’article d’Ivan du Roy et Nolwenn Weiler, “Le « vrai travail » selon Sarkozy va-t-il tuer la démocratie ?”, mis en ligne le 1er mai sur le site de Bastamag, qui pose en termes clairs les relations possibles entre travail et démocratie, via notamment l’organisation du travail, source d’isolement pour le travailleur comme pour le citoyen électeur, car, comme le rappelle Laurent Vogel, de l’Institut syndical européen (Etui), « il n’y a pas deux temps : le temps politique et le temps du travail. Les conditions de travail sont un apprentissage quotidien de ce que sont le conflit et la démocratie. On ne peut pas être tenu dans un rapport de domination, quasi despotique, au quotidien et être un parfait citoyen par ailleurs. La conquête de la démocratie dans le monde du travail et dans la sphère politique doivent se faire parallèlement. »

Mais justement, la démocratie dans l’Entreprise est singulièrement mise à mal, ce qui ne peut que produire des effets délétères dans la Société :

“Non seulement ce qui se passe dans le travail joue contre la démocratie, mais cela contribue à diviser et à fracturer la société. Les « fraudeurs », les assistés, les immigrés – vivant forcément d’allocations – sont désignés à la vindicte publique par la droite et l’extrême droite. Dans le monde du travail, ce sont les personnes fragilisées, les individus « à risques » que les managers doivent désormais détecter et signaler. Comprenez : ceux qui ne supportent plus les contraintes, ceux qui voient leur éthique du travail bafoué et qui lâchent prise. Ces salariés en proie à un mal-être grandissant, succombant parfois à la dépression, voire à la tentation suicidaire. « Il y a, d’un côté, les aptes, les performants, les motivés, et de l’autre, les vulnérables, les fragiles, les déficitaires », résume Dominique Lhuilier, Professeur de Psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) .

Cruel constat que celui des auteurs de l’article : “Travailler, ce n’est pas souffrir ni subir, c’est bien apporter sa pierre à la société. En favorisant de fait la finance aux dépens de l’utilité sociale et des réalisations collectives, la droite vise à étouffer cette réalité. En ayant bien du mal à la reconnaître et à la valoriser, la gauche abandonne le terrain du travail à l’idéologie de la compétition individuelle.”

Un article salubre dont je recommande la lecture à tous ceux pour qui « travailler, c’est marquer de son empreinte son environnement, le cours des choses, y compris le cours de l’histoire », pour reprendre les termes de Dominique Lhuilier.

GP

  • Pour lire l’intégralité de l’article de Bastamag, cliquer ici

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *