Rupture des négociations de la Convention Collective : les SSTI dans la tourmente

Si la Santé au travail va mal, cela ne concerne pas que le Rapport Issindou et ses suites. J’en veux pour preuve le Communiqué de presse cosigné par les six Organisations syndicales représentatives des salariés des Services de Santé au travail interentreprises, « Services de santé au travail interentreprises (SSTI) : rupture des négociations de la convention collective par la délégation patronale du CISME ! », publié hier, qui en dit long sur la dégradation des relations entre partenaires sociaux au sein de la branche.

On y parle de « coup de force« , de « chantage », de « pression », d’« ultimatum »

La conclusion du Communiqué laisse pantois : « Suite à cette déclaration, le CISME a décidé de rompre le dialogue social et a quitté la table des négociations déclarant qu’il n’y avait plus d’ordre du jour, leur préalable n’étant pas respecté. Les organisations syndicales représentatives de la branche (CFDT, CFE-CGC, SNPST, FO, CGT, CFTC) prennent acte de la rupture des négociations, obérées par le CISME et demandent au ministre du Travail de mettre en place une commission mixte pour la reprise des négociations. »

Si la rupture de négociations n’est pas une première au sein de la branche, l’appel au Ministre en est une, et de taille !

Il signifie simplement que la confiance qui doit présider à toute négociation fait désormais défaut et que le déblocage de la situation pourrait revenir au Ministre, appelé à la rescousse…

Je laisse à chacun le soin de tirer les conclusions de cet incident. Pour ma part, j’estime que les responsables des Services de Santé au travail interentreprises, déjà en difficulté en raison d’une réglementation inappropriée, dont l’évolution est pour le moins incertaine, ont de sérieux soucis à se faire s’il leur faut se battre sur un nouveau front par la faute de (certains de) leurs représentants dans les négociations conventionnelles, apparemment décidés à en découdre avec les Organisations représentatives de leurs salariés au plan national.

La Santé au travail a tout à perdre dans cette guerre d’un autre âge.

Gabriel Paillereau
Copyright epHYGIE 26 juin 2015
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Pour accéder au texte du Communiqué des Organisations syndicales, cliquer sur le lien suivant :

Communiqué des Organisations syndicales

3 Comments

www.convention.fr

Les relations se dégradent avec cette rupture des négociations de la convention collective, ce qui n’est forcément pas dans l’intérêt des salariés du secteur.

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G. Paillereau

Cette rupture marque effectivement une dégradation des relations au sein de la branche, qui ne peut qu’être préjudiciable aux salariés des SSTI. D’autant qu’elle fait suite à une absence d’accord sur l’évolution des rémunérations minimales conventionnelles en 2015. Ces deux échecs peuvent également se révéler préjudiciables aux Services eux-mêmes, tous n’étant pas forcément en capacité de mener en interne les négociations leur permettant de fonctionner sereinement. Si l’on y ajoute les incertitudes concernant le devenir de la Santé au travail elle-même, telles qu’on peut les appréhender à travers les propositions du Rapport Issindou et les débats qu’elles suscitent, le climat actuel est pour le moins agité…

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Quentin

Au-delà de ces négos avortées, qui ne sont que péripéties au regard de l’ensemble de l’écosystème santé au travail, qui est totalement inefficace, l’avant gardiste Pr Frimat reste bien esseulé, pour ne pas dire isolé, dans sa démarche qui vise à professionnaliser et crédibiliser les ssti. A quand une certification obligatoire (la Démarche de Progrès en Santé au Travail était une excellente démarche, mais que facultative) ? Le dossier médical papier, plutôt torchon, reste toujours aussi prisé ! Tout cela est très loin de ce qui se pratique dans le soin, en termes de certification AFNOR ou accréditation Cofrac. Des préventeurs tels que Malakoff, Dekra et bien d’autres sauront suppléer la grande inefficacité d’un système totalement à bout de souffle.

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